Après cette audit, la Ville prendrait un certain risque juridique à prolonger trop durablement la rupture d’égalité entre les différentes associations crée par la mise à disposition d’un local municipal à l’association Tang’Hérault depuis l’année 2000. Car cette faveur, dont n’a bénéficié aucune autre association de tango ni aucune autre association de danses sociales dans notre ville, est particulièrement contestable au regard des dispositions du décret 2006-887 du 17 juin 2006 concernant la publication des avantages en nature.
Dans « Le Courrier des maires , n° 235 (point 21), mai 2010, Philippe Bluteau, avocat au barreau de Paris, rappelle que le Conseil d’Etat a jugé que l’exclusivité de la mise à disposition d’un local à une seule association ne peut être regardée comme justifiée par les nécessités de l’administration des propriétés communales ou tout autre nécessité d’intérêt général (CE, 8 avril 1998, n°165284) dés lors que l’association -quand bien même elle serait « historique » ou qu’elle compterait d’avantage d’adhérents qu’une autre association- proposerait le même type d’activité. Et tout particulièrement, dans le cas où elle n’utiliserait pas l’équipement à plein temps.
Je n’ai pas connaissance qu’il y ait eu quelque part en France une association de tango qui ait bénéficié d’un tel privilège. A Toulouse, il existe « La Maison du Tango » un local loué sur le marché privé par l »association « Tangueando ». A Toulouse, Bordeaux, etc… un festival est organisé par un collectif d’associations locales.
Enfin, il est inapproprié que les retombées économiques du Festival TangoSud profitent aux commerces de Fabrègues (Hôtels, restaurants, cafés..) plutôt qu’à ceux de Montpellier alors que ce Festival a été subventionné dès ses débuts par la Ville et qu’il est financé en partie par l’exploitation d’un local municipal. Je rappelle que l’effort financier consenti à Tang’Hérault, à travers la mise à disposition gratuite d’un local municipal repose entièrement sur la Ville, aucunement sur la Métropole.
Alors aux cyniques, aux septiques, aux fatalistes qui doutent de la volonté réelle de la municipalité d’en finir avec les abus du passé, signalons que la Ville a repris les « Maisons pour Tous » en régie directe. Pour des raisons de « mise en conformité juridique », elle a également repris en régie directe « La Maison des Choeurs / la Chapelle Saint Charles » à « l’association des Choeurs de Montpellier ».
De plus, ce n’est pas sur la volonté de changement de la Mairie -réelle ou feinte- qu’il faut spéculer d’autant que le tango n’est pas un enjeu majeur pour la Ville. En réalité, c’est aux associations montpelliéraines et aux danseurs montpelliérains (ayant leur domicile principal à Montpellier) de prendre en main leur destin et de manifester une volonté collective.
Il est donc urgent pour les adhérents de Tang’Hérault de se choisir de nouveaux représentants, conditions indispensables pour restaurer la confiance auprès des autres associations montpelliéraines. Je parle ici des vraies associations, celles qui sont déclarées et qui, par le biais des AG sont soumises aux décisions des adhérents, notamment en ce qui concerne l’affectation des ressources financières.
Au lieu de se cramponner à des rentes de situation d’un autre âge, il s’agit de penser un nouveau projet collectif inter-associatif qui pourra être soumis au soutien de la Ville et/ou de la Métropole dans le cadre de la démocratie participative voulue par le maire de Montpellier et aux préconisations de la circulaire Valls (la vals argentina, c’est mieux quand ça tourne).
Ainsi 2018 pourrait s’avérer une bonne année pour le tango à Montpellier.